Rapport: Hispano-Suiza – Garde partagée

Il semblerait qu'une des plus prestigieuses marques du passé fasse son grand retour à l'occasion du Salon de Genève. Elle ferait même un double retour, une situation coquasse et inédite.

Pour ceux qui l'ignoreraient, Hispano-Suiza fut de 1904 aux années 30 une concurrente directe de Rolls-Royce. Ses modèles étaient imposants, majestueux, synonymes de luxe sans limites, et c'est cette marque que prétendront faire revivre non pas une, mais deux entreprises, l'une basée en Espagne, l'autre en Suisse. Il y a au-moins une logique…

La Suisse

A ma gauche, la Maguari HS1 GTC, fruit de l'entreprise Hispano Suiza Automobilmanufaktur AG, qui avait déjà exposé en 2010 un revival de la marque sous forme d'une Audi R8 recarrossée. La supercar Maguari est née du crayon d'Erwin Himmel, ancien chef designer Audi, entre-autres. Elle dispose d'un V10 Lamborghini, gavé par deux turbos ET deux compresseurs électriques, pour revendiquer quelques 1.070 ch. Curieusement, la voiture ne semble pas s'appeler Hispano-Suiza, mais il existe un lien : "Maguari" serait une espèce de cigogne d'Amérique du Sud, or la cigogne était l'emblème d'Hispano-Suiza, dont le nom est ici discrètement évoqué par le H et le S.

"Nous sommes Hipano-Suiza !", déclare Himmel, qui possède les droits commerciaux sur le nom pour l'Europe et les principaux marchés.

L'Espagnole

A ma droite, la seconde prétendante à la succession, qui revendique plus clairement le nom : l'Hispano-Suiza Carmen, dont seule une silhouette et une structure en carbone ont été révélées à ce jour. La Carmen doit son nom à la petite-fille de Damià Mateu, financier espagnol qui co-fonda la marque au début du 20ème siècle avec l'ingénieur suisse Marc Birkgit. Il s'agit à nouveau d'une supercar, mais celle-ci est 100% électrique.

"Nous sommes Hispano-Suiza !", dit aussi Miguel Siqué-Mateu, qui a pour argument d'être l'arrière-petit-fils du co-fondateur de la marque.

Laquelle mérite le plus de s'appeler Hispano-Suiza ? Les deux. Ou bien aucune. Mais notre cœur penche pour la Carmen, la seule qui nous semble rendre hommage au patrimoine Hispano-Suiza. D'abord parce qu'une voiture électrique est plus en phase avec le caractère moderne et avant-gardiste qu'avait la marque à son âge d'or, ensuite parce que le design de la Carmen est une évocation de la Xenia, sublime voiture de 1938 dont la base mécanique Hispano-Suiza était habillée d'une carrosserie Saoutchik. En même temps, sachant qu'on parle de tarifs (si tout cela se concrétise) à six zéros, ça nous concerne assez peu, finalement…

Prêt pour la prochaine étape

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