Rapport: Maserati va changer de cœur – Finis les moteurs Ferrari

Ferrari faisait la semaine dernière son bilan trimestriel en présence de la presse, et a au passage fait savoir que la fourniture de moteurs à Maserati, c'est bientôt fini.

Ferrari fourni des moteurs à Maserati depuis 2002, l'année où la sublime 3200 GT a été mise à jour, a perdu ses feux arrière en boomerang pour pouvoir accéder au marché américain, et a troqué son V8 3.2 biturbo maison – dernière évolution d'un bloc né quelques décennies auparavant – contre un V8 atmosphérique Ferrari. On apprend donc aujourd'hui que dans quelques temps, cette histoire vieille de près de 20 ans va prendre fin.

Fin de contrat

Mais n'imaginez pas un divorce à l'italienne, avec cris passionnés et assiettes fracassées contre les murs. Comme l'a déclaré Louis Camilleri, CEO de Ferrari : "Nous avons avec Maserati un contrat de fourniture de moteurs, et Maserati a déjà déclaré ne pas désirer renouveler ce contrat, qui prend fin en 2021-2022." C'est donc apparemment en bons termes que se séparent les deux marques du giron Fiat, et Ferrari ne cache pas que ça l'arrange bien. Camilleri a en effet ajouté qu'à la fin de ce contrat, Ferrari ne fournirait plus aucun moteur à qui que ce soit, et que les ressources humaines, logistiques et financières libérées allaient enfin pouvoir être consacrées au développement de nouveaux produits.

Peut-être mieux ?

Harald Wester, le patron de Maserati, nous avait dit à Genève que pour lui, l'avenir de Maserati passerait indubitablement pas les motorisations hybrides. "Nous sommes l'une des rares marques à pouvoir les vendre au prix juste, tout en pouvant faire du profit", affirmait-il.

Car la sauce Maserati-Ferrari n'a jamais vraiment pris, probablement parce que les deux marques étaient jadis des rivales acharnées, qui jouaient la même cour. On peut donc imaginer que Maserati a toujours mal vécu la tutelle de Ferrari, qui de son côté n'a jamais montré beaucoup de zèle à tirer Maserati vers le haut. Chez Fiat, on l'a compris en 2006 : après avoir marié Maserati et Ferrari de force en 1997, la première est ensuite associée à Alfa dans un pôle sportif milieu/haut de gamme. Mais peut-être l'obligation d'utiliser des moteurs Ferrari était-elle un frein, technique et/ou psychologique, au redéploiement de Maserati. Admettons, cela est loin d'être le seul problème de la marque de Modène, mais c'est déjà un de moins. L'avenir nous dira si, débarrassée de toute trace du Cavallino, elle pourra retrouver son âme.

Nous reviendrons très prochainement sur le futur de Maserati, avec une interview complète de Harald Wester.

Prêt pour la prochaine étape

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