Touring Superleggera Berlinetta Lusso : L'art de l'artisanat

Il faut à Touring Superleggera plus de 5.000 heures de travail pour faire d'une Ferrari F12 une Berlinetta Lusso. Celle-ci et quelques-unes des autres créations modernes de Touring Superleggera seront exposées ce weekend au Concours d'Elégance du Zoute Grand Prix, à Knokke.

La Berlinetta Lusso n'est pas la dernière création en date de Touring Superleggera, la prestigieuse carrosserie de Milan. Depuis la Berlinetta, il y a eu la Sciàdipersia qui, comme la Disco Volante, sera présente à Knokke. Mais la Berlinetta, nous avons envie d'en faire un cas à part. Parce qu'elle est plus belle que ce que Ferrari a commis sur la même base technique.

Touring Superleggera Berlinetta Lusso-117

Gracieuse

Touring a dévoilé la Berlinetta Lusso en 2015, un superbe coupé V12 basé sur la Ferrari F12. La base mécanique complète de la F12 est conservée, seule change la carrosserie. C'est dans les grandes lignes ce que Ferrari a fait aussi, en "rhabillant" la F12 pour en faire la GTC4 Lusso, une voiture qui n'est pas sortie du crayon de Pininfarina, mais créée par le propre département design du constructeur. La GTC4 est plus anguleuse et ne manque pas de faire forte impression… mais est quelque peu éclipsée par le style gracieux qu'affiche la Berlinetta Lusso. Ce n'était certes pas le but de Touring, mais Ferrari apprend ainsi que clairement, dessiner une carrosserie, c'est un métier. Et même un art.

Touring Superleggera Berlinetta Lusso-89

Disco Volante

Touring Superleggera a connu un passage à vide au début de ce siècle, avant de trouver un nouveau souffle dans la production de voitures de prestiges en séries limitées. La démarche est ultra exclusive, mais au-moins le style a ici encore le droit de primer sur la fonction. Et Dieu sait que la chose se fait rare dans le design automobile contemporain. Pas chez Touring en tout cas, où le chef belge du design Louis de Fabribeckers est libre de faire ce qui lui plait. Une liberté qui a déjà donné naissance à la spectaculaire Disco Volante sur base d'une Alfa 8C, et plus récemment à la Sciàdipersia, sur base d'une Maserati GranCoupé.

Touring Superleggera Berlinetta Lusso-99

F12 sacrifiée

Ceci est donc la haute couture du design automobile, comme le démontre une fois encore la Berlinetta Lusso. Ceci est l'un des 5 exemplaires existants, dont le propriétaire possède aussi deux autres "curiosités" : la carrosserie de la F12 donneuse, et le patron en bois sur lequel la nouvelle carrosserie a été martelée. En voyant tout cela réuni, on comprend à quel point une telle fabrication peut prendre du temps, et pourquoi des voitures comme celles-ci peuvent être facturées 500.000 à 800.000€.

Comme dans le cas de la 8C, on ressent évidemment un pincement au cœur à l'idée qu'une Ferrari F12 ait été sacrifiée. Car la F12 est aujourd'hui encore une sublime GT, créée par Pininfarina. Un dessin beau et musculeux qui n'a pas pris une ride. Et voici que cette carrosserie est reléguée au statut de simple élément décoratif. Car pour opérer la transformation, il n'y a d'autre choix que de "tuer" une F12. Pour des raisons d'homologation, la Berlinetta Lusso conserve cependant les phares d'origine, les feux arrière et le pare-brise. Mais tout le reste part à la casse… ou va décorer le salon, si on y a suffisamment d'espace.

Touring Superleggera Berlinetta Lusso-52

Aluminium

Dans un exercice comme celui-ci, le résultat est une obligation absolue, et doit forcément donner quelque chose de plus beau que l'originale. Le patron en bois est utilisé pour évaluer le design grandeur nature, et on y voit encore des traces des différentes pistes suivies par de Fabribeckers. On observe par exemple des tracés au niveau du coffre, qui servaient à déterminer quelle était sa longueur idéale. Au niveau de la vitre latérale arrière, on voit aussi que plusieurs essais ont été effectués à l'aide de bande adhésive. Ceci est donc une sorte de document, unique à plus d'un titre. Car la Berlinetta est également l'une des dernières productions de Touring Superleggera dont la carrosserie donne encore la préférence à l'aluminium plutôt qu'au carbone. Et c'est donc sur ce patron que les feuilles d'aluminium ont été formées jusqu'à atteindre la perfection. Louis de Fabribeckers dit sur le ton de la plaisanterie qu'il aime apporter des changements au design jusqu'à la dernière minute, ce qui est rigoureusement impossible avec le carbone.

Pour créer sa Berlinetta Lusso, le Belge a trouvé l'inspiration du côté de la Ferrari 166MM des années 50 que possédait Gianni Agnelli, et on retrouve surtout cette influence dans la calandre arrondie. La voiture est aussi un bel exemple de la définition classique du coupé italien, avec un long capot abritant un V12, une cabine compacte et une jolie poupe toute en courbes. Et cette dernière caractéristique est celle qui tranche le plus avec l'approche "shooting brake" choisie par Ferrari pour la GTC4 Lusso.

Touring Superleggera Berlinetta Lusso-75

Dans 20 ans...

Bien entendu, Ferrari se doit d'aller de l'avant, de regarder vers le futur. Mais il est tout de même rafraichissant de voir que des initiatives comme celle de Touring sont encore possibles, que l'on peut créer un coupé classique à la beauté intemporelle. Difficile de savoir comment vieilliront des modèles résolument modernes comme la Porsche Taycan ou la Lexus LC par exemple, mais nous sommes sûrs que dans 20 ans comme aujourd'hui, voir passer une Berlinetta Lusso nous laissera bouche bée. Et si vous voulez en faire l'expérience vous-même, allez donc l'admirer ce week-end au Concours d'Elégance de Knokke.

Touring Superleggera Berlinetta Lusso-26-kopie

Prêt pour la prochaine étape

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