Reportage: Citroën Mehari – Bon anniversaire, vieux chameau!

Il y a 50 ans, deux industries en pleine expension se sont rencontrées pour donner naissance à l'une des voitures les plus sympathiques de tous les temps. En 2018, on fête le demi-siècle de la Citroën Mehari.

C'est à la fin des années 60, en Côte d'Ivoire, que des français n'ayant rien à voir avec Citroën pensent à habiller une mécanique de 2CV, parfaitement adaptée aux conditions de roulage locale, d'une carrosserie évoquant vaguement la Jeep.

Baby-Brousse

Les grandes lignes sont déjà jetées: une carrosserie ouverte (mais en tôle), un pare-brise rabattable, des portières symboliques, quatre places ou deux places + zone de chargement selon les besoins, et une bâche en guise de toit. La voiture est baptisée Baby-Brousse, il s'en vendra près de 30.000 en Afrique, au Viêt-Nam, au Chili, en Iran et même en Grèce.

Le succès ne passe évidemment pas inaperçu aux yeux de Citroën, qui développe sa propre version de la Baby-Brousse dans le courant des années 60: la Citroën FAF (pour Facile à financer, facile à fabriquer) aura moins de succès que la Baby-Brousse, mais quelque chose est en marche.

Buggy et héros de guerre

La Baby-Brousse fait aussi écho à une nouvelle tendance apparue en Californie au milieu des Sixties: le Buggy. Points communs: une base de véhicule de série peu coûteux, des mécaniques modestes mais robustes, et une aisance certaine sur à peu près tous les terrains.

Mais le Buggy a une carrosserie en plastique, et ça intéresse beaucoup un certain Roland Paulze d'Ivoy de La Poype, pilote de chasse français, héros de la Seconde Guerre Mondiale, reconverti après le conflit dans le plastique. Son entreprise était alors déjà en relation avec Citroën, pour qui elle fabriquait entre-autres les tableaux de bord de la DS. Avec la complicité d'un designer Citroën, de La Poype crée une carrosserie en plastique ABS, teintée dans la masse, peu onéreuse à produire et aisément remplaçable, qu'il installe sur une plateforme de 2CV. Ainsi naquit la Citroën Mehari, du nom d'une espèce de dromadaire utilisée par les Touaregs.

La présentation de la Mehari passera pratiquement inaperçu, car elle intervient alors que des évènements bien plus importants secouent la France, puis l'Europe: Mai 68. A défaut d'un grand retentissement, cette présentation sera néanmoins suivie d'une belle carrière commerciale. Entre mai 1968 et 1987, quelques 144.000 Mehari seront produites, un joli score pour un véhicule à l'usage finalement très limité.

Le graal

La Citroën Mehari jouit encore aujourd'hui d'une popularité énorme. Dans les annonces d'AutoScout24, un exemplaire en état concours tourne autour des 20.000€. Mais le graal, c'est la Méhari 4x4, produite entre 1979 et 1983 à un peu plus de 1.200 exemplaires. Au Salon Rétromobile 2016, lors de la traditionnelle vente aux enchères d'Artcurial, une Méhari 4x4 a été adjugée pour 50.100€.

L'héritage

Rééditer ce succès? Beaucoup ont essayé: Renault avec la Rodeo (1970-1987), Aixam avec la Mega Club sur base de Citroën AX (1992-1998), et même Citroën soi-même, d'abord avec la C3 Pluriel (2003-2010) et aujourd'hui avec la e-Mehari. Mais personne n'a depuis réussi à égaler la simplicité, la cohérence et le capital sympathie de la Méhari originelle. Belle histoire, pour une voiture en plastique.

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