Test: Ford Focus RS – Un billet pour le paradis

Quand Ford annonce l'arrivée d'un nouveau modèle sportif, le monde entier retient son souffle des mois à l'avance. Et ce fut encore plus vrai dans le cas présent car pour la première fois, la Focus RS sera commercialisée sur à peu près toute la planète. Et pour la première fois aussi, elle reçoit une transmission intégrale.
"Nous avions déjà envisagé la chose pour la RS précédente", explique Koen Bex, qui a participé au développement de la Focus RS pour le compte de Ford Performance. "Mais parce que nous n'en n'avions pas vraiment envie et à cause du surcoût, nous en sommes finalement restés à la traction." Aujourd'hui, c'est différent. "Le monde a changé", poursuit Jurgen Gagstatter, Ingénieur de Chef chez Ford Performance. "Cette fois, nous avons observé les autres sportives à quatre roues motrices et nous nous sommes demandés ce que nous pouvions y ajouter."
Et apparemment, ce qu'ils ont ajouté, c'est du fun. "La plupart des voitures à transmission intégrale réagissent d'abord de façon assez stérile, puis partent en sous-virage. Nous voulions pour les conducteurs une transmission intégrale qui soit à la fois plaisante et efficiente." Et le fait que Ford soit le premier constructeur à installer une fonction "Drift" sur une voiture en dit long sur l'état d'esprit un peu barré qui règne dans le département Performance.
Brembo, Recaro,…
La nouvelle Ford Focus RS conserve grosso modo la largeur de la Focus normale, mais est bardée à l'avant et à l'arrière d'un arsenal de spoilers, de prises d'air, d'ouïes de refroidissement et d'un diffuseur qui colle la voiture au sol. Michelin a spécifiquement développé des Pilot Super Sport et Pilot Sport Cup 2 pour cette Focus (235/35R19), dont l'équipement ressemble à un catalogue de pièces de compétition: freins Brembo, sièges Recaro…
Monte Carlo
Par rapport à la précédente Focus RS, la nouvelle perd un cylindre. Elle reprend en effet le 4 cylindre EcoBoost 2.3 litres de la Ford Mustang, qui a cependant subit de profondes modifications. Ses 350 ch et 440 Nm (470 en phase Overboost) catapultent la voiture à 266 km/h en pointe, et lui permettent de tuer le 0-100 en 4,7 secondes. Pour aider dans cette exercice, il y a un Launch Control, qui vous fait démarrer comme si vous vous lanciez dans une Spéciale du Rallye de Monte Carlo.
Et c'est là que commence vraiment l'expérience RS. Cette voiture, c'est des pelletées de plaisir. Sur circuit, elle est à la fois joueuse et redoutablement rapide. Au volant, la confiance vient très rapidement et permet de pousser la Focus RS à fond. Quand on entre en virage à la bonne allure, il n'y a plus ensuite qu'à peaufiner l'angle du volant et à remettre plein gaz. La voiture s'occupe du reste, notamment en travaillant au millipoil à la répartition du couple entre les roues arrière. Un travail que l'on ressent au volant. Quant au mode Drift, il fait de vous un hooligan.
Macho
La plupart des clients RS utiliseront leur voiture au quotidien et même sur une route normale, la Focus comble toutes les attentes. On dispose de plusieurs modes de conduite (Normal, Sport, Track et Drift), dont le mode Normal fait de la Focus RS une voiture du quotidien aimable et docile. En mode Sport, tout est plus affûté et le son de l'échappement se fait menaçant. Le macho est lâché, mais les aides à la conduite nécessaires sont toujours là. Cela dit, pas une fois au cours de l'essai nous ne les avons senties intervenir. Vraiment, sur une petite route de montagne oubliée, une Focus RS est comme un billet pour le paradis.
Avec un prix de 39.300€, la Focus RS n'est certes pas donnée. Mais elle est tout de même largement moins chère que des concurrentes directes, comme par exemple la Mercedes A45 AMG. Ah oui, au fait: Ford annonce une moyenne de 7,7 l/100 km (CO2: 175 g/km). Dans la vraie vie, comptez plutôt entre 9… et 19 litres.
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