Essai : Skoda Peaq, le tchèque qui ne fait pas dans la dentelle (2026)

En bref
Le Skoda Peaq, c'est le SUV électrique qu'on ne voyait pas venir chez Skoda et ce n’est pas dû à sa petite taille. Grand comme une maison, confortable comme un salon et doté d'un volume de coffre proprement indécent, il trace sa route avec une sérénité désarmante. Mais il coûte aussi cher qu'une berline allemande premium, avec des performances électriques moindres. Fascinant de contradiction.
Points forts
- Confort général
- Habitabilité (ultra) généreuse
- Frunk pouvant accueillir le couvre-coffre
Points faibles
- Prix
- Charge rapide limitée pour le segment
- Pompe à chaleur en option
Le Skoda Peaq marque une rupture nette dans la gamme du constructeur de Mladá Boleslav. Frère électrique du Kodiaq, mais plus grand, plus spacieux et surtout plus cher que tout ce que Skoda n’a jamais vendu, il incarne une montée en gamme assumée — peut-être même un peu téméraire.
Extérieur
Taillant à 4,87 m de long, 1,87 m de large et 1,66 m de haut, le Peaq dépasse le Kodiaq de 11,6 cm en longueur. Autant dire que sur un parking de supermarché, il va falloir réfléchir avant de se garer. Cependant, ce gabarit imposant n'est pas sans une certaine élégance : les designers tchèques ont réussi à conserver l'essentiel du look du concept Vision 7S présenté il y a quatre ans et ça fonctionne plutôt bien. Le résultat est un SUV qui affiche un petit air de concept car produit en série — une prouesse que peu de constructeurs du segment peuvent revendiquer.
Lignes tendues, boucliers soignés, proportions équilibrées malgré le gabarit : le Peaq ne cherche pas à cacher sa taille, il assume pleinement le nouveau style « Modern Solid » de la marque. Il est caractérisé par la nouvelle signature visuelle de la marque qui, contrairement au petit Epiq, continue jusque dans la calandre en noir brillant.
Intérieur
À bord, la planche de bord diverge de celle du Kodiaq thermique avec une console centrale surélevée. Autre élément inédit : Skoda conserve trois commandes physiques pour la climatisation, contrairement à la majorité du segment. La grande nouveauté pour la marque, c’est l’écran vertical de 13,6 pouces, avec un système d’infodivertissement basé sur Android. Le combiné d'instruments numérique de 10 pouces complète l'ensemble, sans en faire trop.
L'assemblage est soigné, les matériaux globalement à la hauteur des ambitions affichées — à quelques aplats de plastique dur près, habilement dissimulés mais pas tout à fait invisibles. L'ambiance générale est agréable, presque premium, et le sentiment d'espace est indéniable.
Grâce à l'empattement de près de 3 mètres, Skoda propose une troisième rangée de sièges. En théorie, c'est un vrai argument commercial. En pratique, il faut avancer franchement la banquette du rang 2 pour qu'un adulte y trouve place — et encore, à condition de ne pas être trop exigeant. Ces deux places seront donc réservées aux enfants. En revanche, le coffre, lui, est absolument spectaculaire : 299 litres en configuration 7-places, 935 litres en 5 places, et jusqu'à 2 150 litres tout rabattu. Sans oublier le frunk de 37 litres sous le capot avant, capable même d'avaler le cache-bagages. Ça c’est du « Simply Clever » !
Moteur
Le Peaq se décline en trois configurations. La version 60 (indisponible en France) embarque un moteur de 150 kW (204 ch) et 350 Nm, associé à une batterie de 63 kWh (59 kWh utiles) pour une autonomie maximale de 459 km. La version 90 monte en puissance avec 210 kW (286 ch) et 545 Nm, une batterie de 91 kWh (86 kWh utiles) — la plus grande jamais installée dans une Skoda — et jusqu'à 647 km d'autonomie. Un record absolu pour la marque. La version 90x ajoute un second moteur sur le train avant pour une puissance combinée de 220 kW (299 ch) et un 0 à 100 km/h en 6,7 secondes. La transmission intégrale lui permet de tracter jusqu’à 2 000 kg, mais l’autonomie s’en trouve réduite à 613 km.
Le Peaq repose sur l’évolution de la plateforme MEB du groupe Volkswagen, ce qui plafonne la puissance de charge à 199 kW pour la grande batterie (10-80 % en 28 minutes) et 160 kW pour la petite. Ce n'est pas mauvais, mais à l'heure où certains concurrents sont en 800 volts et proposent des charges bien plus véloce, on aurait espéré mieux pour un SUV de ce gabarit et de ce prix. La recharge bidirectionnelle est bien présente, mais elle ne compensera pas à elle seule ce petit retard technologique.
Sur la route
Confiant de la compétence routière de Peaq, Skoda décide de nous emmener sur un trajet d’environ 200 km entre le Tyrol autrichien et Munich. Première remarque : notre modèle d’essai termine cet exercice avec une consommation moyenne de 15,4 kWh/100 km, légèrement au-dessus de la moyenne WLTP annoncée (15 kWh/100 km). Concrètement, une autonomie réelle de 550 à 580 km par charge semble tout à fait atteignable avec le 90.
Vu son gabarit, la ville ou les petits lacets de montagne ne sont pas les habitats naturels du Peaq. La conduite une pédale se révèle pratique, mais la taille de l’engin joue contre lui. C'est sur voie rapide qu'il révèle sa vraie nature : silencieux, bien isolé, parfaitement stable, capable d'enchaîner les kilomètres avec une sérénité désarmante. Les mouvements de caisse sont parfaitement maîtrisés sur nos modèles équipés de la suspension pilotée, mais ne cherchez pas de sportivité ici : le Peaq fait de la route, pas de la scène.
Prix
Puisqu’il s’agit du plus grand modèle électrique de Skoda, sa facture plus élevée que celle du reste de la gamme n’étonnera personne. L’entrée de gamme, le 60, commence à 49 490 € (France : indisponible) en version 5-places. La version 90 s'affiche à partir de 58 490 € (France : 58 460 €) , et le 90x à partir de 61 990 € (France : 59 310 €).
La troisième rangée de sièges est en option, tout comme la pompe à chaleur. C’est un peu mesquin de la part de Skoda, surtout pour un SUV électrique de ce prix. Un Peaq bien équipé frôlera aisément les 80 000 €…
Verdict
Grand, confortable et spacieux : le Skoda Peaq coche de nombreuses cases. Cependant, ses tarifs le placent en concurrence directe avec des modèles plus performants ou véritablement premium. Dans le segment des SUV électriques 7-places, certains rivaux s'avèrent plus complets ou mieux lotis technologiquement. Son grand avantage, cependant, reste son habitacle aussi spacieux qu’une salle de concert…
Fiche technique : Skoda Peaq 90 (2026)
- Moteur : moteur électrique
- Puissance : 295 ch
- Couple : 545 Nm
- Transmission : propulsion
- 0-100 km/h : 7,1 s
- Vitesse maximale : 180 km/h
- Coffre : 299 / 935 / 2 150 litres + 37 litres (frunk)
- Batterie : 86 kWh (net)
- Consommation : 15,4 kWh/100 km (mesurée) / 15,0 kWh/100 km (WLTP)
- Autonomie : 647 km (WLTP)
- Prix : 58 490 € (France : 56 460 €)
Tous les articles
Voir tout
Essai : Skoda Elroq, « moins cher » ne rime pas avec « moins bien » (2024)
Skoda agrandit sa gamme électrique par le bas avec le nouvel Elroq. Ce crossover électrique prend racine sur son grand frère, l’Enyaq, avec deux grandes différences. Il est plus petit…et bien moins cher !

Essai : Skoda Superb Combi, un petit truc en plus (2024)
Juste au moment où on pense que les Skoda ne pouvaient être plus spacieuses, vient la dernière génération de la Superb Combi. Elle augmente l’autonomie de son hybride rechargeable et fleurte désormais avec le premium. Le rêve des familles et des taxis ?

Skoda Fabia 1.5 TSI Monte Carlo : simply clever, mais aussi simply sportive ?
La Skoda Fabia fait partie de ces voitures qui fait presque tout bien. Spacieuse, réfléchie et sûre...mais, encore une fois, sans variante RS ! Est-ce que le moteur le plus puissant 1.5 TSI dans la finition la plus sportive baptisée Monte Carlo donnera à la petite Tchèque le badge d’athlète ?
