Test: Volvo V70 1.6 drivE – Pas trop poussivE?

La philosophie drivE de Volvo est vite résumée: consommer et émettre le moins de CO2 possible. Une mesure indispensable pour que la V70 reste sur les listes des Fleet Managers, par exemple.

En regardant la Volvo V70, on voit un break dans la plus pure tradition de la marque: énorme, carré et quelque peu lourd. Ouvrons le capot de notre modèle drivE, et on découvre un 1.6 turbo diesel de 105 ch. Autant dire un moulin à café.

L'appellation drivE désigne les versions les plus économiques de la gamme. Les adaptations ne visent qu'à afficher les consos les plus basses possibles. Ces adaptations sont les suivantes. A l'avant, la voiture est 2 cm plus proche du sol que la normale, et de 1,5 cm à l'arrière. La voiture reçoit divers appendices aérodynamiques et une grille de radiateur qui laisse passer moins d'air. Par rapport à l'ancienne V70 drivE (revendiquant 129 g de CO2/km), l'ensemble mécanique a été repensé. Ainsi l'alternateur recharge surtout la batterie lorsque le moteur est moins sollicité, ce qui diminue les frictions. Mais de système Stop/Start, pas encore de trace.

Vivacité

Alors ce si petit moteur dans une si grande voiture pourra-t-il faire mentir nos très faibles attentes. Ben plutôt, oui! Dès le premier contact en ville, la V70 drivE surprend. Sur les trois premiers de ses cinq rapports, la voiture affiche une belle vivacité grâce à un couple tout à fait réaliste de 240 Nm. Dès les 2.000 tours atteints, elle avance de manière très satisfaisante.

Sur papier – selon Volvo donc – ce break devrait se contenter de 4,5l/100km et ne rejeter que 119 grammes de CO2. Des chiffres phénoménaux pour une voiture de quelques 1.600 kg. Nous traçons donc la route pour vérifier en live cette affirmation. En bons citoyens, nous respectons scrupuleusement les limitations de vitesse et nous essayons d'anticiper autant que possible. Pas d'excès de zèle, donc.

Le résultat n'est pas si mal. Avec une moyenne de 5,6l/100km, on peut facilement qualifier la Volvo d'économique. Mais il faut se donner un peu de mal. Sur autoroute, la V70 est particulièrement peu réactive. La 4ème et le 5ème travaillent plutôt comme des overdrives, ce qui rend pratiquement obligatoire le rétrogradage en cas de dépassement "d'urgence". On peut être heureux avec un tel chiffre de consommation, sauf si on le compare avec la facilité d'une Passat BlueMotion équivalente (1.6 TDi 105) à rester sous les 5 litres. Alors certes, une Passat pèse un bon quintal de moins. Cela dit une boîte 6 améliorerait considérablement les choses, et éviterait surtout de tomber quasi systématiquement dans un trou entre les rapports. Du coup, il faut chaque fois attendre que le turbo se remette à souffler.

Charge

Alors quelle est notre conclusion? On dispose d'un break offrant entre 575 et 1.600 litres de coffre, mais qu'il vaut mieux ne pas trop charger. Officiellement, la voiture peut tracter jusqu'à 1,3 tonne. Mais alors faudra vraiment pas être pressé. En résumé: avec une étiquette de 34.000€, elle est à peine 850€ moins chère qu'une version 2.0 diesel de 136 ch et avec boîte 6. Les émissions de 119g ne vous donnent droit à aucune prime fédérale. Il n'y a qu'en cas de voiture de société que sa déductibilité est plus grande. Donc si on vous la propose en voiture de fonction, alors pourquoi pas? Mais en achat personnel, nous irions plutôt vers le 2.0. Conso annoncée: 5,9l/100km. Déjà plutôt honnête, non?

Selon le club auto allemand ADAC, la V70 1.6 serait le meilleur modèle "vert" du moment. Mais chez nous, la récompense pour un tel titre est bien maigre, surtout face aux sacrifices que cela implique.

Prêt pour la prochaine étape

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