Seul un Belge sur dix choisirait une voiture électrique comme prochain véhicule

Pendant des années, 2035 a été présenté comme le grand tournant du marché automobile européen. À partir de cette date, les nouvelles voitures particulières et les nouveaux utilitaires légers vendus dans l’UE ne devaient plus émettre de CO₂ à l’échappement. Entre-temps, un assouplissement est désormais sur la table : l’objectif initial de zéro émission serait remplacé par une réduction de 90 % des émissions de CO₂ à l’échelle des flottes par rapport à 2021. Pour de nombreux Belges, cette évolution est accueillie avec soulagement. Selon une étude internationale* menée par AutoScout24, 54 % des automobilistes belges soutiennent un assouplissement des règles prévues pour 2035. Dans le même temps, seuls 11 % choisiraient aujourd’hui une voiture 100 % électrique comme prochain véhicule.
L'Europe souhaite que les voitures des particuliers et les véhicules utilitaires légers neufs ne rejettent plus de CO₂ à partir de 2035. Ainsi, les États membres de l'UE et le Parlement européen ont adopté, en 2022, une nouvelle législation stipulant que ces véhicules neufs ne devront plus émettre de CO₂ par l'échappement à partir de 2035.
Pour autant, fin 2025, la Commission européenne a proposé d'assouplir cet objectif pour le ramener à une réduction des émissions de CO₂ de 90 % à l'échelle de l'ensemble du parc automobile, en laissant notamment la place aux e-carburants et aux biocarburants. Aucun accord définitif n'a encore été conclu, mais comment les automobilistes belges perçoivent-ils cet assouplissement éventuel ?
L’électrique reste un frein pour les Belges
Si l’on en croit les automobilistes belges, l’Europe devrait laisser davantage de marge dans cette transition. Plus de la moitié d’entre eux (54 %) soutiennent un assouplissement des règles de 2035, tandis qu’un cinquième (21 %) s’y oppose et qu’un quart reste indécis.
La prudence de nombreux Belges se reflète également dans le choix de leur prochain véhicule. L’essence reste en tête : 36 % des conducteurs belges opteraient aujourd’hui pour une voiture à essence. L’hybride arrive en deuxième position avec 27 %, tandis que le diesel complète le podium avec 13 %. Seul un conducteur sur dix (11 %) choisirait une voiture entièrement électrique.
Fait notable : malgré leur préférence pour l’essence, les Belges sont bien conscients que ce choix pourrait leur coûter cher à plus long terme. La moitié d’entre eux s’attendent en effet à une hausse des prix des carburants au cours des dix prochaines années. Un quart pense que les coûts resteront globalement stables, tandis que 11 % estiment qu’ils diminueront. En cas de forte augmentation des prix des carburants, de nombreux conducteurs privilégieraient avant tout une adaptation de leur comportement. Un quart d’entre eux (26 %) réduirait le nombre de trajets en voiture, tandis qu’une proportion équivalente de Belges passerait à un véhicule plus économe.
Pour les automobilistes belges, le passage à l’électrique reste toutefois avant tout une question d’accessibilité financière et de praticité au quotidien. Des coûts d’utilisation réduits constituent un facteur décisif pour 37 % d’entre eux lorsqu’il s’agit d’envisager une voiture électrique. Viennent ensuite un prix d’achat plus bas (34 %) et une bonne infrastructure de recharge (30 %).
« Les résultats montrent que les conducteurs belges ne rejettent pas la transition électrique, mais qu’ils souhaitent qu’elle reste réaliste », explique Vincent Hancart, Country Manager d’AutoScout24 Belgique. « Aujourd’hui, seule une petite partie des automobilistes envisagent une voiture entièrement électrique comme prochain véhicule. Cela ne signifie pas qu’ils ne souhaitent jamais rouler à l’électrique, mais bien que le prix, les coûts d’utilisation et les possibilités de recharge restent encore trop souvent des obstacles. Un assouplissement pragmatique peut donc avoir du sens, à condition qu’il continue à accélérer le passage à l’électrique. Pas en obligeant les conducteurs à choisir l’électrique avant qu’ils ne soient prêts, mais en faisant en sorte que cette option devienne naturellement logique pour un plus grand nombre de personnes. Ce n’est qu’à cette condition que la transition deviendra, pour de nombreux ménages et automobilistes, un choix réaliste plutôt qu’une obligation sur papier. »
NOTE POUR LA RÉDACTION
À propos de l’étude* L’étude a été réalisée par Quantilope Analytics pour le compte d’AutoScout24. Au total, 4.000 conducteurs âgés de 18 ans et plus y ont participé en Allemagne, en Autriche, en Belgique, en Italie et aux Pays-Bas. Environ 800 conducteurs ont été interrogés dans chaque pays. Le travail de terrain a eu lieu en 2026 et l’échantillon est représentatif de la population de chaque pays.
À propos d' AutoScout24
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